La FNAB demande une révision de la gouvernance de l'eau et un plan de sobriété

Paris, le 22/03/2023 Alors que la France se prépare à vivre une nouvelle sécheresse historique, les nappes phréatiques sont au plus bas et les pluies à venir ne permettront pas de stabiliser la situation.

L’agriculture, première consommatrice d’eau, va se trouver en difficultés.

Mais pour quels usages ? 71% des surfaces irriguées en France produisent des céréales dont 50% sont exportées.

Comment espérer une cohabitation apaisée avec nos concitoyen-nes si l’eau agricole n’est qu’un moyen de préserver la balance commerciale, alors que l’eau potable va manquer ?

 

Quels usages de l’eau pour quel avenir agricole ?

 

Le Varenne de l’eau et du changement climatique nous a privé du nécessaire débat de société sur les enjeux liés à l’eau et aux choix qui lui sont associés. Il aurait dû rappeler la hiérarchisation des usages de l’eau. 

Dans l’ordre, la ressource en eau doit permettre

  • l’accès à l’eau potable,
  • la préservation des milieux naturels,
  • puis la production alimentaire.

 

A moyen terme, pour faire baisser la pression sur l’eau, on aura besoin de toutes les solutions :

  • augmenter la capacité des sols à retenir l’eau,
  • utiliser des végétaux plus résistants,
  • développer des systèmes économes en intrants,
  • reconstituer les paysages.

 

Les principes de l’agroécologie plébiscités comme méthode d’adaptation par le GIEC dans son dernier rapport sont par essence mis en place par les fermes bio.

Sur le court terme en revanche, il est urgent de préparer l’été, sans accroître le fossé et l’incompréhension qui séparent les citoyen-nes des agriculteurs et agricultrices.

 

La FNAB demande que le gouvernement lance avant l’été un plan de sobriété agricole qui permette de respecter la hiérarchie des usages dans l’accès à l’eau.

 

La gouvernance[1] de l’eau est défaillante

 

Les intérêts particuliers de certaines filières agricoles ont infiltré les instances de gouvernance de l’eau en France, pour y promouvoir une vision productiviste de l’agriculture, sans égard pour les risques qu’elle fait peser sur les autres usagers. A rebours de la transition agricole et du dialogue sociétal qu’appelle le changement climatique, le Varenne de l’eau a décidé d’une accélération des projets de stockage de l’eau. Ainsi aujourd’hui l’approvisionnement en eau potable et la vie des milieux aquatiques sont devenus la variable d’ajustement des rendements agricoles.

 

« On se retrouve dans des situations ubuesques où des maraichers bio qui produisent des légumes de qualité pour notre alimentation directe ne peuvent pas s’installer dans certaines régions car ils n’ont pas le droit d’irriguer : l’eau est déjà réservée aux céréaliers exportateurs » explique Stéphane Rozé, référent eau à la FNAB.

 

La FNAB souhaite une révision de la gouvernance avec une meilleure représentation acteurs agricoles alternatifs, dont les représentants de l’agriculture biologique font partie, et des citoyen-nes dans toutes les instances de gestion de l’eau.

 

 

Contact presse : Stéphane Rozé 06 72 87 40 01

 

 

 

 

[1] https://agriculture.gouv.fr/rapport-du-cgaaer-cgedd-changement-climatique-eau-et-agriculture-dici-2050

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