Le 18 janvier 2018 a eu lieu la journée filière grandes cultures qui a ramené une centaine de curieux.

UN EVENEMENT MARQUANT POUR CE DEBUT D’ANNEE

 

Vous étiez près de cent personnes ce jeudi  18 janvier 2018 à vous être rendu à la journée filière « devenir céréalier bio, pourquoi pas vous ? ». Chacun d’entre vous est venu avec sa curiosité, ses propres questions et un besoin d’information.

Pour certains l’agriculture biologique était une nouveauté. Pour d’autres, la question de se faire certifier se posait depuis quelques années. D’autres encore avaient déjà acquis leur certification et voulaient se rassurer sur l’état du marché. Etaient présent également des représentants d’organismes agricoles, souhaitant mettre à niveau leurs connaissances de la filière. Car c’était bien là le projet ambitieux de cette journée, faire passer un message simple et précis :

 

La filière grandes cultures biologique a besoin de producteurs.

 

 

 

UNE CROISSANCE A DEUX CHIFFRES


Les besoins de la filière se sont envolés ces dernières années. Ils ont fortement progressé depuis 2012 pour atteindre aujourd’hui presque 344 000 t, toute transformation confondue. Et cette croissance se poursuit à un rythme soutenu de + 15 % environ par an.

 

Pour en attester, 3 transformateurs étaient présents lors de l’événement. Luc Peinturier, responsable bio des Moulins Bourgeois a insisté sur le fait qu’ils n’arrivaient pas à subvenir aux besoins de leurs clients à ce jour, alors que le développement de la filière se poursuit. Un discours partagé par Yahia Chabane, pour les Maltiers, qui mentionnait qu’aujourd’hui  tous les brasseurs voulaient leur gamme bio, et certains ont dû y renoncer faute de matière première disponible en quantité suffisante. Gaël Savrot, directeur d’activité d’Axéréal Elevage, fabriquant d’aliment du bétail, n’a pas démenti ses confrères en pointant à la fois les perspectives de progression de leur besoin qui devrait se hisser à 57 000 t en 2022 contre 39 000 t aujourd’hui.  Tous ont également insisté sur l’importance de l’origine France pour leurs clients tandis qu’un tiers des besoins sont couvert aujourd’hui par de l’importation.

 

UN TERRITOIRE AUX MULTIPLES ATOUTS

 

A ce jour la région profite d’une organisation de la filière bien structurée. Le nombre d’opérateurs capables de collecter du bio s’étoffe d’année en année. Ce qui permet aux producteurs de disposer de toujours plus de solutions de collecte et de soutien technique.

 

Gilles Renart (Axéréal Bio) et Pascal Garros (Biocer) étaient présents pour témoigner des moyens mis en œuvre depuis 30 ans par leurs coopératives pour répondre aux besoins de leurs adhérents. Des moyens qui ne cessent d’augmenter pour répondre à l’augmentation du nombre de leurs coopérateurs et des volumes collectés. Pour appuyer ce dynamisme, Patrick Beauvillard, directeur commercial d’Union France Gâtinais Céréales, a présenté les orientations du groupe pour accroître les volumes de collecte dans les années à venir. Passant de 800 t à 1000 t en une année, ils espèrent atteindre rapidement les 4 000 t qu’ils se sont fixés en rapport avec leurs moyens logistiques actuels.

La logistique reste le nerf de la guerre en bio avec, malgré des progrès notoires, des moyens qui restent limités. Les collecteurs ont insisté sur le fait que plus le nombre de producteur augmentera, plus les solutions logistiques viendront d’elles-mêmes.

 

L’EXPERIENCE DE LA BIO EN REGION CENTRE-Val de Loire

 

Une fois rassuré sur l’état du marché, il a fallut aborder la question de la production : comment cultiver des grandes cultures bio ? Le temps imparti était bien sûr trop court pour y répondre de manière exhaustive, mais l’intervention de deux producteurs ont tout de même pu ancrer dans les têtes au moins un point important : la rotation.

 

Olivier Chaloche et Dominique Baubion, deux producteurs aux profils différents, ont marqué l’importance de diversifier son assolement pour conduire des rotations équilibrées. Puis il a été question de stratégie de fertilisation avec la rotation encore une fois et le rôle des légumineuses, des engrais verts et des engrais organiques. Quant à la question des adventices, encore la rotation puis des équipements spécifiques et des pratiques cultures à pratiquer de manière rigoureuse. Matthieu Le Bras de la chambre d’agriculture d’Eure et Loir a présenté des résultats de l’essai longue durée du lycée agricole la Saussaye à côté de Châtres, testant deux systèmes de grandes cultures bio.

 

La technique a ensuite laissé le pas à l’économie pour répondre à la question : est-ce rentable ? Patrick Pinet de CERFRANCE ALLIANCE CENTRE, en a profité pour présenter des résultats d’enquête fait auprès d’un échantillon de producteurs bio, dont les résultats étaient tout à fait honorables avec une moyenne d’EBE autour de 500 €/ha, à relativiser par la taille restreinte de l’échantillon.

 

Guillaume Sabourin, du GABOR, concluait sur quelques consignes à respecter pour passer en bio sereinement, notamment en ayant recours à des études de conversion et en gardant en tête que la date de passage avait toute son importance pour optimiser la période de conversion.

 

UNE APRES-MIDI ENTRE VISITE ET ATELIERS

 

Une fois le buffet terminé, les participants se sont rendu sur le site de l’usine d’Axéréal Elevage pour participer à des ateliers thématiques ou visiter l’usine.

Yahia Chabane, pour les Maltiers, a été le premier à animer l’atelier autour de la filière brassicole. L’occasion de rappeler comment la filière était structurée, que la filière bio représentait 1% des utilisations des brasseurs traditionnels, mais 10% des micro-brasseurs. Yahia Chabane a également rappelé les critères de qualités (Humidité, taux de protéine, pureté variétale…) exigés pour les orges, qu’il a mis en lien avec les contraintes techniques du brassage. Par exemple le taux de protéine exigé permet d’éviter que la bière ne mousse s’il est insuffisant ou qu’il nuise à la qualité du brassin s’il est trop élevé. Si la filière conventionnelle peut se permettre de mélanger des lots pour palier à un problème de qualité, les quantités insuffisantes en bio ne le permettent pas.

 

Diversifier son exploitation avec un atelier avicole ou porcin ? Tel était le thème de l’atelier suivant, animé par Lionel Verger et Bruno Gourgeon d’Axéréal Elevage. La demande en œuf et en viande bio explose. Et pour y répondre, les producteurs sont invités à se poser la question de l’opportunité que pourrait représenter une diversification en élevage. Les deux conseillers ont insisté sur l’importance d’avoir avant tout une âme d’éleveur pour se lancer dans ce type de projet. Plusieurs exemples de système ont été présentés, étayés de quelques repères techniques pour que chacun se rende compte des exigences de la production et des bénéfices à en tirer.

 

Dernier atelier mais non moins important : comment certifier son exploitation de grandes cultures en bio ? Guillaume Sabourin du GABOR et Romain Fredon de Bio Centre ont passé en revue les exigences du cahier des charges, ses implications techniques, et la procédure administrative de passage en bio. Cela a été l’occasion de répondre à de nombreuses questions techniques sur l’utilisation des semences de fermes, l’achat d’engrais organiques à l’extérieur, le recours à du matériel pour des parcelles bio et non-bio, les dates de passage en bio… Beaucoup de réponses ont été apportés. En conclusion, l’importance de faire une étude de passage en bio a été soulignée pour être sûr de savoir vers quoi on se dirige dans un projet bio. Et pour ça, de nombreux interlocuteurs sont là pour y répondre : les GAB, Bio Centre, Les coopératives bio, les chambres d’agriculture, CERFRANCE Alliance Centre… Autant d’organismes là pour accompagner les producteurs dans leur transition.

 

VISITE DE L'USINE D'ALIMENT DU BETAIL

 

En parallèle des ateliers, l’équipe d’Axéréal Elevage proposait une visite guidée de l’usine pour expliquer le processus de fabrication des aliments pour les élevages bio. La visite a été appréciée par les participants qui ont pu découvrir tout le processus de transformation des grains : de la livraison au conditionnement des sacs d’aliment.

 

 

Romain FREDON, Chargé de Mission Filières végétales (grandes cultures, légumes de plein champ, semences),

02.38.70.91.51 / 06.22.37.20.54, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

 

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Ils témoignent

  •    "Pour la fabrication de nos pâtes, nous utilisons un savoir faire traditionnel"

  •    "Il faut être cohérent : quand on est convaincu par le bio comme je le suis, on a envie que ce soit à la portée de tous."

  •    “Dans la famille, l’agriculture biologique est devenue un mode de vie, presque une philosophie.”  

  •    "Ce qui me pousse ? L’envie d’être un bon technicien, et de chercher à faire toujours mieux tout en respectant la terre !"

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