“La nature est bien faite, il ne faut pas l’oublier. Nous, les hommes, nous pouvons intervenir, mais doucement.”

 

Bruno Rabier,

céréalier et éleveur de volailles biologiques, à Josnes (Loir-et-Cher)

 

 

L'Earl Rabier Bruno

L’Earl Rabier Bruno est installée à Josnes, dans le Loir-et-Cher.

Bruno Rabier dispose de 98 hectares de grandes cultures ; il élève 8 000 volailles par an, dont 1 500 pintades.

Il commercialise des poulets entiers et découpés (blanc, cuisse…) ainsi que des produits transformés les pâtés et rillettes.

 

 

 

Pourquoi avez-vous converti votre ferme à l’agriculture biologique ?

Depuis plusieurs années, je travaillais régulièrement avec un collègue éleveur comme moi, et nous en avions un peu marre du système conventionnel. En 1998, nous avions produit des vesces pour un semencier, qui nous avait demandé, 3 jours avant la récolte, de pulvériser un défoliant sur le champ. Quand nous sommes venus pour récolter, nous avons trouvé plein de lièvres morts. Ces animaux sont friands de vesces, et le traitement les avait tués. Ce jour-là, nous nous sommes vraiment demandé quelle agriculture nous faisions. Alors nous nous sommes intéressés à l’agriculture biologique, et pendant 2 ans nous avons visité des fermes bio. En 2000, nous avons converti chacun notre ferme, ensemble, avec le soutien de notre famille, ce qui est très important. Depuis, j’ai vu revenir la vie sur mes terres, le sol et les plantes sont rééquilibrés. La nature est bien faite, il ne faut pas l’oublier. Nous, les hommes, nous pouvons intervenir, mais doucement.

 

Quelles sont les spécificités de l’élevage biologique ?

Le cahier des charges de l’élevage biologique impose notamment le lien au sol, c’est-à-dire que 40 % de l’alimentation soit produite sur la ferme ou provienne d’exploitations bio à proximité ; les animaux doivent avoir de l’espace dans les bâtiments, et accès à l’extérieur tous les jours, il faut voir comment les poulets sortent quand il fait beau, c’est la ruée vers l’herbe !

 

Comment commercialisez-vous votre production ?

Je suis membre d’un groupement d’éleveurs, que j’ai d’ailleurs fondé avec 3 autres éleveurs, et nous vendons aux magasins spécialisés et aux restaurants collectifs. Je vends directement à deux AMAP1. J’aime bien être en relation directe avec les consommateurs. On a un retour sur notre travail, c’est un encouragement pour continuer dans un métier qui est quand même difficile !

 

1  AMAP : Association pour le maintien d’une agriculture paysanne

 

 

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Ils témoignent

  •    "Il faut être cohérent : quand on est convaincu par le bio comme je le suis, on a envie que ce soit à la portée de tous."...

  •    "Ce qui me pousse ? L’envie d’être un bon technicien, et de chercher à faire toujours mieux tout en respectant la terre !"...

  •    “Dans la famille, l’agriculture biologique est devenue un mode de vie, presque une philosophie.”  

  •    “La nature est bien faite, il ne faut pas l’oublier. Nous, les hommes, nous pouvons intervenir, mais doucement.”  

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