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Soutenir l'installation

De nombreuses collectivités expriment la volonté de maintenir et d’accompagner l’agriculture, et plus particulièrement l’agriculture biologique, sur leur territoire.  Une agriculture bien conduite joue en effet un rôle important dans la protection contre les risques naturels, la conservation de la biodiversité et, plus généralement, la qualité de l’environnement et l’attractivité des territoires.

En outre, une agriculture de proximité (proximité entre les lieux de production et de consommation) reste un atout majeur pour un territoire en terme d’économies d’énergie, de fraîcheur des produits, d’économies de collecte…

L’installation est l’un des facteurs déterminants pour le développement d’une agriculture durable et intégrée dans le contexte social, économique et environnemental du territoire.

Les freins à l’installation sont ainsi autant de pistes de travail à étudier :

  • difficulté d'accès au foncier, la pression foncière étant d’autant plus forte pour les personnes en recherche de petites surfaces pour des productions à forte valeur ajoutée ;
  • difficulté d'accès au financement bancaire ;
  • isolement des porteurs de projet non issus du milieu agricole ou rural, ou sans appui familial ;
  • nécessité d'un complément de formation pour acquérir les compétences ;
  • techniques nécessaires à l'installation dans des filières spécialisées et hautement techniques comme l'est la filière maraîchère, en particulier quand elle s'appuie sur la vente directe ; 
  • plus globalement, image dégradée du métier d'agriculteur qu'il conviendrait de traiter très en amont de la formation agricole afin d'éveiller des vocation et de rendre accessible un métier qui semble incompatible avec les standards actuels en matière de temps de travail, de revenu, etc.

Les collectivités ont un rôle moteur à jouer pour développer la production bio locale et ainsi soutenir une activité qui répond aux exigences du développement durable :

Faciliter l'accès au foncier

Mise à disposition de terres communales, création de réserves foncières, utilisation des outils de planification (SCOT - schéma de cohérence territoriale ; PLU - plan local d'urbanisme) ou de préservation du foncier (périmètre d'intervention foncière ; PPEAN - périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains ; ZAP - zone agricole protégée).
Plus d'information :

Mettre en place une stratégie de protection de ses ressources en eau

Afin d'obtenir une eau de qualité et réduire les processus coûteux de traitement, la ville de Munich a par exemple décidé d'agir en amont, et encourage depuis 1991 l'agriculture biologique sur les 2 250 hectares de terres agricoles situées à proximité des captages d'eau potable. Les teneurs en nitrates ont diminué de 43 % (baisse de 14 à 8 mg/L) et les teneurs en phytos de 54 % (baisse de 0.065 µg/L à 0.03 µg/l). Le programme de soutien à l'agriculture bio coûte 750 000 € / an à la SWM, (service municipal de distribution des eaux de Munich) soit moins de un centime d'euros par mètre cube d'eau distribuée. A titre de comparaison, le coût de la dénitrification d'une eau de plus de 50 mg/L (évitée grâce à la politique préventive de Munich) est estimé en France à 27 centimes d'euros par mètre cube d'eau distribuée. A long terme, Munich réalise donc d'importantes économies en encourageant l'agriculture bio !
Plus d'information : télécharger le dossier sur l'eau de la FNAB

Soulager le démarrage de l'activité

Les investissements liés à la production (maraîchère en particulier) ou la transformation, les coûts de certification à l'agriculture biologique, les difficultés d'organisation logistique liées à la faiblesse du nombre de producteurs en agriculture biologique (etc) sont autant de freins à l'installation ou de cause d'échec dans les premières années d'existence de l'activité. Les collectivités peuvent par exemple apporter un soutien financier aux agriculteurs.

Soutenir l'organisation et favoriser l'émergence de projets

Réalisation de diagnostic de l'agriculture biologique et des circuits courts sur les territoires pour permettre aux acteurs de se rencontrer et mettre en place des projets (exemple : magasins de producteurs, micro-filières,...)

Déveloper les opportunités locales de commercialisation des produits biologiques :

  • sensibiliser le grand public à travers des conférences et débats publics, des animations scolaires ou évènementielles (Printemps Bio, Journées du Développement Durable, Mois de l'economie sociale et soliadaire...), des repas bio...
  • introduire des produits bio locaux en restauration scolaire (consulter notre rubrique "la restauration scolaire")
  • soutenir la mise en place d'AMAPs (prêt d'un local de distribution par exemple)

 

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