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Bio et Développement durable
L'Agriculture Biologique, pillier du Développement Durable : bénéfices environnementaux / rentabilité économique / lien social
L’agriculture joue d'une manière générale un rôle déterminant en matière d'aménagement du territoire :
- occupation du territoire (réserve foncière, friches et zones à risque)
- productive de biens et de services (alimentaire, sociaux, touristique)
- environnementale (maîtrise urbaine, préservation qualité de l’eau, sécurité alimentaire)
- identitaire (protection et entretien des paysages et du cadre de vie, production et terroir, animation de marchés forains).
L’agriculture biologique a l'avantage de mettre en oeuvre des pratiques respectueuses de l’environnement et de ce territoire (sols, eau, biodiversité). Elle se situe dans une perspective globale de protection de l’environnement, en lien avec la recherche de qualité et le respect du consommateur.
I. UNE FILIERE QUI PRESERVE L’ENVIRONNEMENT
Filière contrôlée et certifiée du sol à la table, la filière biologique contribue à la protection de l’environnement et des territoires :
- En amont, par ses pratiques agricoles
- Elle permet le maintien voire l’enrichissement de la biodiversité, dans un contexte de diminution drastique de la biodiversité.
- Elle permet le maintien voire l’amélioration de la fertilité des sols : assolement, rotation, travail du sol limité et respectueux de la structure, priorité à la fertilité organique adaptée à la potentialité des sols, aux plantes et à des objectifs de rendement ajustés…dans un contexte d’érosion des sols et de baisse de taux de matières organiques et de la fertilité des sols français.
- Elle interdit les produits phytosanitaires, qui induisent actuellement une résistance accrue des ravageurs, une pollution des compartiments eau/air/sol et une croissance des risques de pathologies (cancers, Parkinson, baisse de la fertilité…). L’agriculture biologique privilégie au contraire le choix des espèces et variétés adaptées, les rotations qui réduisent les risques, les méthodes d’intervention mécanique et biologiques…
- Elle exclue l’utilisation des OGM en défendant l’idée que la biodiversité ne peut être entravée par l’appropriation du vivant dans un but mercantile et non respectueux des équilibres naturels, tout en souhaitant à ce sujet l’application du principe de précaution.
- Elle contribue à réduire notre impact sur le réchauffement climatique, en consommant deux fois moins d’énergie que l’agriculture conventionnelle et en permettant de séquestrer davantage le carbone dans le sol.
- En aval, par le suivi d’un strict cahier des charges
Le signe officiel de qualité « AB » implique tous les maillons de la chaîne, obligeant l’intégration de méthodes de transformation spécifiques à la filière. Ainsi la politique des achats de matières premières biologiques est associée à :
- une interdiction d’utilisation d’insecticides et de fongicides de synthèse pour la conservation de la production
- l’interdiction d’utilisation des auxiliaires technologiques et des additifs alimentaires chimiques de synthèse (arôme, colorants)
- des procédés de transformation utilisant principalement des méthodes physiques (chauffage par ex.), mécaniques (pressage par ex.) ou biologiques (fermentation par ex.)
Exemple : la qualité de l'eau
L’agriculture biologique constitue une véritable opportunité pour les collectivités qui souhaitent, par des moyens préventifs, reconquérir ou stabiliser la qualité de l’eau des ressources qu’elles exploitent. Les bénéfices de l'agriculture biologique sur la qualité de l'eau sont en effet directement imputables aux règlements de l'agriculture biologique, qui proscrivent les produits chimiques de synthèse (engrais et pesticides).
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Plaquette d’information sur l’Agriculture bio et la qualité de l’eau
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Synthèse de l’étude 2006 «Qualité de l'eau en région Centre : Apports de l'Agriculture Biologique»
II. UNE FILIERE EN PLEINE CROISSANCE, ECONOMIQUEMENT EFFICIENTE
La filière biologique française est vouée à un avenir prometteur, connaissant une période de croissance économique forte tirée par la demande actuelle, qui ne cesse d’augmenter, d’environ + 10% par an. Le marché des produits alimentaires issus de l’agriculture biologique en France est évalué à 2,6 milliards d’euros en 2008.
Voir la rubrique Le marché Bio (Espace profoessionnel)
Par ses principes, l’agriculture biologique est efficiente économiquement.
“la principale caractéristique de l’agriculture biologique est qu’elle s’appuie sur des biens de production disponibles sur place et n’utilise pas de carburants fossiles; le recours à des procédés naturels améliore aussi bien le rapport efficience-coût que la résilience des écosystèmes agricoles au stress climatique” (FAO, agriculture bio et sécurité alimentaire, mai 2007).
L’agriculture biologique est une agriculture plus autonome qui réduit notamment :
- La dépendance aux intrants : engrais chimiques, pesticides (76 000 t/an en France), produits vétérinaires, compléments alimentaires, eau…
- Le recours aux importations de protéines végétales, talon d’Achille du système agricole et agroalimentaire européen, insoutenables par les dégâts écologiques et sociaux provoqués par l’expansion des monocultures de soja en Amérique latine (INRA, 2002). L’agriculture biologique favorise en effet l’introduction de plantes protéagineuses (pois, féverole, lupin) dans la rotation.
Enfin, la filière bio limite les coûts induits par une agriculture productiviste, qui grèvent le revenu ou qui, externalisés, sont supportés par la société : retraitement de l’eau, désaffection touristique…Ainsi, la ville de Munich qui a misé sur la filière biologique en soutenant financièrement l’agriculture bio et en favorisant les repas bio dans la restauration municipale s’est vu recouvrir sa qualité de l’eau. Le laboratoire du service des eaux effectue mensuellement 1400 analyses et tests, toutes les valeurs se trouvent bien en dessous des valeurs limites légales (nitrates, métaux lourds, pesticides…). Le programme d’encouragement coûte 1 centime d’euros par m3 d’eau potable délivrée, un prix bien en dessous des coûts des traitements de l’eau réalisés pour finalement produire une eau artificielle (en France le seul coût de la dénitrification est estimé à 0,28 centime d’euros/m3) (SOLAGRO, 1999).
III. UNE FILIERE QUI FAVORISE L’EQUITE SOCIALE
- Création d’emploi
Alors que l’industrialisation et la concentration des filières agricoles et agroalimentaires ont fait produire toujours plus avec de moins en moins d’actifs, la filière biologique favorise la création d’activité en milieu rural et le développement d’emplois solvables et participe ainsi au développement économique de son territoire. En effet, des systèmes autonomes et économes permettent de dégager un revenu correct avec des volumes de production plus modestes que ceux exigés par les modèles industriels et concentrés, ce qui autorise davantage d’actifs agricoles et agroalimentaires. En valorisant les circuits courts, les agriculteurs biologiques font aussi en sorte que la valeur ajoutée se conserve localement et participe à l’enrichissement des territoires.
L’étude FNAB/DATAR et Agreste de 1998 a ainsi montré que l’agriculture biologique présente des atouts certains en terme de création d’emplois. En effet, elle emploie en moyenne un tiers de main d’œuvre en plus par hectare, à structure d’exploitation identique, du fait d'un recours accru aux pratiques manuelles en agriculture biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle, d'une plus grande surveillance des troupeaux etc. L’agriculture biologique participe ainsi à l’aménagement du territoire, revitalise un milieu rural souvent vidé de ses habitants, permet une plus grande valeur ajoutée à l’hectare. L’aval de la filière, notamment la transformation et la petite et moyenne distribution, constitue un réservoir d’emplois important. Il a été démontré en 1998 que les entreprises de transformation biologique en Bretagne employaient 1,8 fois plus de main d’œuvre que les entreprises conventionnelles de même type (FNAB, DATAR, 1998) 11
- Ethique et souveraineté alimentaire
La filière biologique recherche une répartition plus équitable de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne du producteur au consommateur. Ainsi de nombreuses entreprises leaders sur le marché spécialisé biologique ont mis en place des chartes éthiques veillant à l’élaboration de filières équitables et durables, en partenariat avec les producteurs et les transformateurs du Nord et du Sud.
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